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Caves & celliers Mumm

En 1898, la Maison Mumm construit des celliers et bureaux à proximité immédiate de l’Hôtel de Ville, avec deux objectifs : art et fonctionnalité. L’architecte Ernest Kalas et l’artiste Auguste Guilbert-Martin en sont les ordonnateurs. De 1907 à 1914, ce bâtiment fut le siège de l’Union des Maisons de Champagne.

Extrait du Descriptif du projet d’Architecte (La construction moderne 9-16 Septembre 1899 page 591)
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Examinons d’abord la façade. Bâtie en pierre dure du pays et en briques rouges avec une frise très décorée, elle se distingue surtout par la grande ouverture appareillée en granit qui semble ne devoir ouvrir sa porte en tôle ouvragée avec entourage en briques de verre Falconnier frappées d’un aigle (marque de la maison) que pour laisser passer d’énormes caisses ou des foudres gigantesques.

L’absence d’autres ouvertures sur rue donne un caractère de grandeur et de mystère à cette façade que vient égayer, à la partie supérieure, la frise décorative représentant, en grandeur naturelle, les différentes phases du travail du vin de Champagne depuis la vendange jusqu’à l’expédition.

Parmi les cinq panneaux séparés par des cariatides de pierre et exécutés en mosaïque d’émail par M. GUILBERT-MARTIN, d’après les cartons de MM. Joseph BLANC et GUILLONNET, les deux extrêmes représentent les travaux exécutés à la lumière du jour : la Vendange et l’Expédition, et les trois intermédiaires représentent les manutentions exécutées en cave.

Les quatre cariatides, d’une heureuse proportion, qui séparent ces panneaux, ont été sculptées par M. WARY, de Reims, d’après des modèles demandés à Emile PEYNOT.

Recherche assez intéressante : pour relier des milieux si différents que ceux représentés par les cinq panneaux, Ia cave et le plein air, on a suggéré l’idée du souterrain par un mur de fond dans les trois panneaux du milieu, et l’idée de la lumière par un effet de ciel sur lequel se détachent les deux panneaux extrêmes, l’ensemble de ces panneaux se tenant par des enguirlandements de pampres qui courent en haut de la frise.

Au reste, les personnages et les accessoires sont traités avec la plus rigoureuse exactitude, faisant de cette représentation de travaux industriels un document unique en son genre pour l’histoire du travail en France au XIXe siècle.

La mosaïque, en cubes d’émail de 1 cm, a reproduit fidèlement tous les détails, toutes les finesses des dessins et des couleurs de la maquette, et jusqu’à la ressemblance des ouvriers de la maison qui ont posé pour les différentes scènes reproduites, en donnant ainsi à ces reproductions la valeur de documents ethnographiques d’un haut intérêt.

Des rehauts d’or animent les pampres et des inscriptions d’or détaillent les opérations représentées, tandis que les quatre gaines séparant les panneaux expriment les sentiments exaltés par le vin de Champagne :

Virtus, le Courage guerrier ;
Ingenium, le Génie ;
Amor, l’Amour ;
Gaudium, la Joie.
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Extrait du Descriptif du projet d’Architecte (La construction moderne 9-16 Septembre 1899 page 591)

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